:-# Elle n'en pouvait plus d'être insultée, en raison de son orientation sexuelle. Depuis la rentrée, une adolescente de 16 ans, élève du lycée Bellevue, était devenue la cible d'un groupe de collégiennes. Trois d'entre elles, les « meneuses », l'avaient surprise un soir, place Jean-Jaurès. Elles attendaient le bus pour rentrer chez elles. La lycéenne albigeoise s'était assise sur un banc, avec son amie : les deux filles ont échangé un baiser, sur la bouche. Témoin de la scène, un groupe d'élèves scolarisées au collège Balzac a eu une réaction épidermique : des insultes à caractère homophobe ont jailli. Le début des ennuis pour la lycéenne de Bellevue. :-#
« C'était devenu un rituel de s'en prendre à elle. Après le premier incident, la jeune fille avait changé d'itinéraire. Elle évitait de passer devant le collège Balzac mais les autres arrivaient toujours à la retrouver », confie un enquêteur de la brigade de sûreté urbaine qui a entendu la victime, venue déposer plainte mardi au commissariat avec sa maman.
Lundi soir, la lycéenne est carrément tombée dans un guet-apens. Entourée par une dizaine de filles, elle a reçu des gifles, des coups de pied, elle a eu des cheveux arrachés. Des violences que sa famille ne pouvait admettre... et que les pouvoirs publics, comme l'Éducation nationale d'ailleurs (lire ci-dessous), ne veulent surtout pas laisser passer.
Les meneuses ont 14 ans
Hier matin, deux des trois meneuses présumées de la bande ont été interpellées, au collège Balzac. « Il y avait peu d'élèves à ce moment-là. La plupart étaient partis au lycée Toulouse-Lautrec pour participer à un itinéraire de découverte professionnelle », note Michel Azéma, l'inspecteur d'académie.
Les élèves mises en cause sont âgées de 14 ans et habitent Albi. Placées en garde à vue, elles ont reconnu leur participation aux faits « mais en atténuant leur responsabilité », indique un enquêteur de la BSU.
Saisi, le procureur de la République a décidé de les poursuivre pour « violences aggravées par une circonstance : les faits ont été commis en réunion ». Le caractère homophobe de l'agression n'aurait-il pas pu être retenu aussi comme circonstance aggravante ?
Le magistrat répond : « Juridiquement, cela revient au même, même si ce dossier relève plus de l'injure. »
Les deux adolescentes sont convoquées le 9 octobre devant le juge des enfants. Compte tenu de leur âge, elles n'encourent que des mesures éducatives.
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